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Pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € : le cadre légal

Tout comprendre sur le taux de refinancement BCE, la mention obligatoire sur facture et les courriers de mise en demeure.

4 min de lecture•Mis à jour le 17 octobre 2026

En France, le retard de paiement entre professionnels est sévèrement encadré par le Code de commerce pour protéger la trésorerie des indépendants et des TPE. Dès que la date d'échéance convenue sur votre facture est dépassée sans règlement, des sanctions financières s'appliquent de plein droit, sans formalité préalable.

Voici tout ce qu'il faut savoir sur vos droits et la réglementation en vigueur.

Conformément à l'article L. 441-10 du Code de commerce :

  • Le taux d'intérêt par défaut est égal au taux de refinancement semestriel de la Banque Centrale Européenne (BCE), majoré de 10 points de pourcentage.
  • Par exemple, avec un taux directeur BCE de 3,50 %, le taux applicable s'élève à 13,50 % par an.
  • Les parties peuvent convenir d'un taux différent dans les Conditions Générales de Vente (CGV), mais la loi interdit formellement de fixer un taux inférieur à 3 fois le taux de l'intérêt légal.

Formule légale de calcul

Les pénalités courent dès le lendemain de la date d'échéance, sans relance ni mise en demeure préalable. Pénalités = (Montant TTC de la facture × Taux annuel × Nombre de jours de retard) / 365

Exemple : une facture de 1 200 € réglée avec 30 jours de retard, au taux de 13,50 % : 1 200 × 13,50 % × 30 / 365 = 13,32 € de pénalités, auxquels s'ajoute l'indemnité de 40 € si le client est un professionnel.

Astuce Calepio

Le Calculateur de pénalités de retard fait ce calcul pour vous : saisissez le montant dû, la date d'échéance et la date de paiement. Il applique le taux BCE en vigueur majoré de 10 points, ajoute l'indemnité de 40 € et vous donne un paragraphe prêt à coller dans votre e-mail de relance.

2. L'indemnité forfaitaire légale de 40 €

Issue de la directive européenne 2011/7/UE et transposée à l'article D. 441-5 du Code de commerce :

  • Une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € est due de plein droit dès le premier jour de retard.
  • Elle s'applique par facture : un client qui a 3 factures distinctes en retard vous doit 3 × 40 € = 120 €, en plus des pénalités.
  • Elle s'applique exclusivement aux transactions B2B (entre professionnels). Elle ne s'applique jamais aux clients particuliers (B2C).
  • Elle n'est pas soumise à la TVA (dommages et intérêts).
  • Si les frais de recouvrement réellement engagés (huissier, avocat, société de recouvrement) dépassent 40 €, le créancier peut demander une indemnisation complémentaire sur justification.

3. La mention légale obligatoire sur chaque facture

Pour être valablement réclamées, les conditions de règlement doivent figurer sur chaque facture :

  • La date limite de paiement (ou le délai, max 60 jours ou 45 jours fin de mois).
  • Le taux des pénalités de retard exigible.
  • La mention expresse : « En cas de retard de paiement, indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € (art. D. 441-5 du Code de commerce) et pénalités de retard au taux BCE majoré de 10 points ».

Calepio inclut automatiquement cette mention conforme sur toutes vos factures PDF.

4. De la relance amiable à la mise en demeure formelle

  1. Relances amiables (J+1 à J+15) : Envoyez des rappels par e-mail via le système de relances automatiques de Calepio pour régulariser les oublis administratifs.
  2. Relance ferme (J+15 à J+25) : Mentionnez le décompte chiffré des pénalités échues et de l'indemnité de 40 €.
  3. Mise en demeure (J+30) : Envoyez une lettre de mise en demeure avec accusé de réception (LRAR ou LRE qualifiée eIDAS). C'est cet acte formel qui fait courir les intérêts au taux judiciaire et ouvre la voie à la procédure d'injonction de payer devant le Tribunal de commerce.